18.05.2007
BATA NEWS, Saison 1, épisode 1
PENDANT CE TEMPS LA, A VERA CRUZ…
CE QUI SUIT M’EST ENVOYE PAR UN AMI : MEREDEDIEU.
IL A EU PLUSIEURS VIES. EN CE MOMENT, IL EST PILOTE EN AFRIQUE (tu verras où c’est qu’est-ce que ça se passe), ET ENVOIE REGULIEREMENT DES NEWS.
COMME JE TROUVE CA ASSEZ SAVOUREUX, ET QUE MON CŒUR N’EST QU’AMOUR ET PARTAGE, JE T’EN FAIS PROFITER (en plus, c’est mon blag alors je fais ce que je veux, si ça te plaît pas, tu peux aller là).
ENFIN, JE TE SAIS GOURMET : CA PRENDRA DONC LA FORME D’EPISODES.
Aujourd'hui, on décolle en douceur, on plante le décor.
EPISODE 1 : Où le canard, victime du mal de l’air, devient chèvre. Ou l’inverse.
On dit toujours que "le monde est petit".
Eh bien ! On ne croit pas si bien dire ...
Juste pour vous situer, je suis dans un pays de 1 millions d'habitants, qui est sous un régime dictatorial depuis 30 ans, où personne ne peut venir sans visa et lettre d'invitation de l'état... où nous n'avons ni eau courante, ni électricité, ni égouts, où les plages ne sont pas entretenues, où 95 % de la population est illettrée, où on se fait arrêter par des barrages tous les 10 kilomètres pour que les policiers nous rackettent....
En résumé Fram attend encore un peu pour proposer des voyages touristiques en Guinée Equatoriale.
Et si pour les vacances vous hésitez entre les Seychelles, les Maldives et Bata...réfléchissez un peu avant de vous décider...
Bref Bata est un petit paradis sur terre pour personnes en mal d'exotisme...
Pourtant la Guinée Equatoriale c'est un peu Dallas : car ce pays est riche depuis qu'ils y ont découvert du pétrole.
Mardi dernier, je fais un vol sur Malabo (30 min de vol). Il est 11 h du matin et il fait 38°C à l'arrivée.
Comme j'ai chaud, je rentre dans un des halls de l'aéroport (car nous avons quand même 3 halls) et je vois deux blancs. Ici, la coutume veut que quand un blanc rencontre un autre blanc, il le salue.
Je salue donc ces deux messieurs de la tête, et ils me répondent "bonjour".
Oh, là ! Des Français. Je ne serais donc pas seul dans mon petit paradis.
Ils se préparent à embarquer sur mon vol et nous échangeons quelques mots. Ces messieurs sont pour l'un directeur général et pour l'autre directeur général adjoint de Grogroupepétrolier en Guinée équatoriale... D'où mon allusion au pétrole un peu plus haut.
Et naturellement ils me demandent si je suis là depuis longtemps et d'où je viens en France...
Attaché à mes racines, je réponds Bordeaux.
Et là, le directeur général de Grogroupepétrolier me dit que sa femme est d'Arsac, à 20 kilomètres de St-Laurent du Médoc (mon village)... quant à son adjoint il est de... Pauillac... là j'avoue que ça m'a bluffé....
Il connaît même les MèredeDieu de nom....quant à moi j'ai oublié le sien.
Hier, j'ai volé le matin puis je suis parti avec des copains à Mbini, une métropole de 450 habitants dans la forêt, à une heure de Bata.
J'y suis allé avec Manu, un jeune sympa responsable du centre français de Bata et Jean-Paul, le directeur de Grogroupedebétépé en Guinée.
Nous allions voir 10 Français qui travaillent pour Grogroupedebétépé à la construction de routes ici.
Arrivé là bas, je rencontre des gens très sympa et parmi eux, Benjamin, 25 ans, originaire de Paris.
Il m'explique qu'il a fait l'ESTP (Ecole Supérieure des Travaux Publics) et soudain il s'arrête et me dit...
"mais... t'étais mon prof, toi !"
En effet quand j'étais journaliste je donnais des cours de comm dans cette école...
C'est dingue quand même !!
Sinon je continue mes vols avec nos petites péripéties journalières : samedi, alors que nous venons d'atterrir à Malabo, je vais surveiller le déchargement des soutes.
Et je remarque que plusieurs bagages ont des traces blanches.
Et là, oh surprise !!!
Je vois deux des employés des bagages en train d'essayer d'attraper un gros canard vivant qui court dans la soute avant.
Un des voyageurs l'avait enfermé dans un sac mais la petite bête s'est échappé et probablement a t’il été malade en avion...
D'où les marques de fiente sur les bagages...
Sinon nous n'avons plus de légumes frais à Bata..
Il faut savoir qu'ici il n'y a aucune agriculture : tout est importé (en majorité du Gabon) et depuis 3 jours les frontières sont fermées.
J'ai demandé pourquoi à Adelle...
Je pensais à un grave problème politique entre les deux pays...
Mais en définitif c'est pire que ça.
Vendredi la Guinée affrontait le Gabon lors d'un match de football. Et comme la Guinée a perdu ...eh bien ! Le président, vexé, a donné l'ordre de fermer les frontières !
Tout simplement !
Donc plus de tomates, ni salades jusqu'à nouvel ordre...
A quand le match retour ? Personne ne le sait.
Je me prépare à partir en vol... je décolle normalement dans 2 heures pour Douala.
"Normalement" car la semaine dernière nous avons eu une heure trente de retard.
Non pas à cause d'un problème technique et d'une très mauvaise météo.... mais simplement parce que la première dame du pays revenait du Maroc en jet.
Et donc tout l'espace aérien était fermé.
J'ai d'ailleurs parlé avec un de ses pilotes, un Français, qui tirait la gueule : il devait nettoyer entièrement l'avion car la première dame avait ramené deux chèvres du Maroc... et comme mon canard les petites bêtes avaient eu le mal de l'air.
TO BE CONTINUED…17:14 Publié dans Pendant ce temps-là, à Vera Cruz... | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : guinee, guinee equatoriale, chroniques, bata, humour, avion, aviation



